Marseille 2005 par BeNoot
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Marseille 2005


Date : 25/03/2005 - Pays : Afghanistan
Mots clés : francemarseilleweek-end
 
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Compte-rendu posté sur mon blog sur un week-end que j'avais passé il y a deux ans chez Quentin...


Ca a faillit mal commencer.

J'avais prévu 40 minutes pour aller à la gare de Lyon depuis La Défense. Ca me paraissait limite trop.


17h05 : je sors du boulot.

17h20 : je monte dans le métro.

17h21 : Grand moment de solitude : je réalise qu'il me reste 29 minutes pour parcourir 18 stations.


J'ai recompté 37 fois en cours de route mais y'en a pas une qui a disparu... J'ai fait un tas de calculs pour essayer de trouver une combinaison réalisable. Y'en avait pas : dans le meilleur des cas, je loupais mon train à 5 petites minutes près.


J'arrive donc à la gare avec 3 minutes de retard. J'aperçois au loin le ciel qui bleuoit et, un peu moins loin, le TGV qui est encore à quai. Mieux : les portes sont toujours ouvertes. Ouf.


Alors je fonce, je cours, je vole, je slalome entre les palmiers, je saute au dessus des bagages, je manque de renverser trois caniches, je double sept couples de petits vieux qui n'avancent pas (assez vite), j'évite de justesse deux mecs qui conduisent des voitures-électriques-pour-transporter-les-bagages, bref, je fais fi des obstacles et je trace à mort. Mes efforts finissent par payer, puisque je monte haletant à temps dans le train. Là, je recommence à respirer.


Et j'ai carrément le temps de récupérer, vu que le train a eu une demie heure de retard. "Des personnes extérieures à la SNCF déambul[ai]ent sur les voies, empêchant le départ des trains."


En entendant ça, un retraité qui était assis derrière moi a commencé à s'énerver : "ça, c'est encore ces connards de la CGT !". Sa femme, qui l'accompagnait, essayait désespérément de le calmer, sans succès. Au contraire. Plus elle lui demandait de se taire, plus il parlait fort, en disant que bon, "de toute façon, ces mecs là, ils ont aucun respect ; je vois pas pourquoi on démarre pas, y'a qu'à leur rouler dessus".


Il a fini par se calmer tout seul. J'ai donc pu avancer dans Zelda (merci Philippe) sur notre Game Boy première version (la brique de 3 kilos qui a au moins 10 ans maintenant). J'étais très fier du regard effaré de mon voisin quand il l'a vue.


J'ai arrêté de jouer vu que j'étais bloqué et que ça commençait à me lourder. En fait, il me faut des boîtes de conserve pour filer au crocodile sur la plage comme ça, en échange, il devrait me filer des bananes que je donnerai au singe, qui me fera entrer dans le château où je dois retrouver les cinq feuilles d'or du mec qui me fera entrer dans son jardin pour me remercier et où je trouverai la clé pour entrer dans la cave du Cyclope (le niveau II).


Un truc super simple en fait. Mais bon.


Comme je trouve pas les boites de conserve à filer au crocodile sur la plage, il ne veut pas me filer des bananes (j'le comprend, en même temps, hein) donc je ne peux pas les donner au singe, puisque je ne les ai pas, cet abruti refuse de me laisser entrer dans le château où je dois retrouver les cinq feuilles d'or du mec qui pourrait me faire entrer dans son jardin pour me remercier et où je trouverai peut-être un jour la clé pour entrer dans la cave du Cyclope (le niveau II).


Le train est très logiquement arrivé avec 30 minutes de retard à Marseille Saint Charles. Je retrouve Quentin. Ca fait franchement plaisir de le voir vu que la dernière fois, ça remonte au nouvel an !


On sort de la gare et j'aperçois Notre Dame de la Garde très loin (au moins 34 kilomètres) et très haut (au moins 1800 mètres d'altitude). Quentin me regarde et me dit, en me la désignant et comme si de rien n'était : "on va là bas". C'est vrai qu'il habite juste à côté ! Argh !


Pendant le trajet, il me fait faire une première visite de Marseille, by night. On passe par le port et on commence l'escalade. En fait, je m'étais gourré : c'était plutôt 160km et 12000m d'altitude ! Comme on est des warriors, on arrive chez lui après une petite demi-heure de marche.


Je redécouvre son appartement, que j'avais déjà vu dans un clip qu'il m'avait envoyé. On s'installe, on se brûle les mains au 5ème degrés en essayant d’allumer ses bougies d’ambiance foireuses et il commence à faire les crêpes.


C'est le moment que je choisi pour lui offrir notre cadeau collectif pour son anniversaire d'il y a trois mois : un appareil photo russe LOMO made in China tout en plastique, à l'exception de 4 pièces (maximum). En gros, le principe, c'est d'acheter cher un appareil complètement pourri, vendu entre autre avec un rouleau de chatterton pour colmater tous les trous par lesquels la lumière pourrait passer (vu que le boîtier est très loin d'être étanche).


On a bien dû mettre 1 heure pour installer la pellicule de 120 dans le noir quasi complet (on était éclairés à la bougie) des chiottes de Quentin tellement c'était balèze et tellement on rigolait.


Une fois que c'est fait, on prend deux trois photos avec, on se blinde de crêpes et on part à l'assaut de Notre Dame de la garde. Fuck ! C'est complètement fermé la nuit ! Les voies du Seigneur sont impénétrables, mon pote ! On redescend et on commence à regarder le génial The Big Lebowski. Au bout d'une heure, on décide de remettre la fin du film au lendemain et on se pieute.


Bon.


Ca, c’étaient les 5 premières heures du week-end de trois jours et demi. J’vais pas rentrer trop dans le détail pour la suite, sinon je vais écrire un bouquin. Disons que pendant trois jours, on a pas mal dormi.


On a aussi pas mal bouffé : raclettes, crêpes et cookies faits maison avec du sucre vanillé qui finalement ne sert à rien. Cette séance de préparation/cuisson de cookies aura été pour Quentin l’occasion de me faire partager la réflexion philosophique du week-end : « Faire de petites noix de pâte sur la plaque sous peine d’obtenir le plus gros cookie du monde ». C’est important.


On a aussi bien marché (5 heures le samedi) pour visiter la ville.

Au programme : un coiffeur tout miteux à base de cactus, d’oiseaux à moitié déplumés en cage, de papier peint jauni et de photos sous cadre de Johnny découpées dans Salut Les Copains. Le vieux port. L’incubateur Belle de Mai où bosse Quentin. Le Panier. La Fnac. Notre Dame de la Garde (de jour). Un abribus où un SDF a failli en buter un autre à base de crâne contre un pare-brise sous les yeux de Quentin le jour de son arrivée à Marseille il y a 5 mois. La mer.


En marchant j’ai pu faire deux constats de base :

1/ Si les Ornithorynques n’ont pas de voiture, ils n’ont pas non plus de sens de l’orientation. Enfin pas toujours.

2/ Marseille est une ville à la con, qui monte et qui descend beaucoup. Et j’ai l’impression qu’elle monte plus qu’elle ne descend. Marseille est également une ville à la con qui fouette vachement.


On a aussi maté des films de ouf’ dont The Big Lebowski, Chat Noir Chat Blanc et La Classe Américaine (Le grand détournement), sur lequel on s’est tapé l’un des pire fou rire de notre vie. Y’a d’ailleurs fallu qu’on arrête le film au bout de 10 minutes tellement on n’en pouvais plus. On l’aurait pas fait, je crois qu’on serait morts.


On a pris la blinde de photos. 12 (dont une toute noire) avec le LOMO. Ca représente une pellicule (Ce sont les photos cheloues carrées). On a aussi pris pas mal de photos numériques pendant nos pérégrinations (la classe, ce mot) et de nuit, avec une séance mémorable à base de lasers et de lumières bleues qui bougent, qui a donné des résultats assez sympas.


On a bien rigolé devant Pimp My Ride, une émission de cramés animée par Xzibit sur MTV. Le principe : tu files ta caisse pourrie au rappeur trop marrant Xzibit. Il l'amène chez West Coast Customs et les mecs te font un tunning de déjantés dessus en y foutant 30.000$ de matos : écrans 15' derrières les appuis-tête, cafetière, lecteur DVD, ordinateurs de bord, boule à facette, XBox.

Ils te refont la peinture, te mettent des jantes en or et rabaissent la voiture au maximum. Bref : un grand moment de bonheur. Et là, c'était un week-end spécial ! Y'en avait tout le temps. Du bonheur en boîte ; surtout que les mecs délirent bien !


Et puis je me suis bien pris la tête sur un truc très mystérieux à base de jeu de patience : le magic eggs. Putain ! Comment j'ai mis trois jours pour piger le truc ! Et comment j'ai eu envie de mourir en pigeant le truc. D'ailleurs, Quentin, j'aurais pas passé un aussi bon week-end chez toi, je crois que je te maudirai pour ça !


Mais on a bien dormi, bien bouffé, bien marché, on a maté des films de ouf', pris la blinde de photos ; bref, on a bien rigolé.


>>> Encore merci, mec, c'était bien cool !

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